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Interview : Clarisse – Wanted Gina

Nous avons rencontré Clarisse Mizrahi, la jeune créatrice de Wanted Gina, une marque de prêt-à-porter pour femmes.

J’ai commencé de manière « sinueuse », j’ai fait quelques détours inattendus mais maintenant que j’y suis, on ne m’arrêtera plus !

Depuis quand existe votre marque ?

Depuis un peu plus d’un an. La première collection date de septembre 2013. Par contre, le projet est en cours depuis fin 2012, le fantasme de la marque depuis l’an 2000 et le rêve d’enfant depuis 1991 à peu près !

Comment avez vous débuté l’aventure ?

J’ai commencé de manière « sinueuse », j’ai fait quelques détours inattendus mais maintenant que j’y suis, on ne m’arrêtera plus ! J’ai eu ma première machine à coudre à 10 ans et j’ai commencé à monter mes premières pièces avec ma grand-mère. A 16 ans, je cousais souvent mes vêtements et l’été de mes 17 ans, j’ai fait un stage d’un mois à ESMOD en stylisme et modélisme. Je m’intéressais aussi beaucoup à l’histoire de l’art, peignais à l’huile depuis mes 7 ans et dessinais régulièrement. Pourtant, même si la voie à suivre me semblait toute tracée, je ne me suis pas lancée à ce moment là.

J’ai choisi un tout autre domaine : le droit et l’histoire de l’art. Mes études terminées, j’ai travaillé dans une compagnie de théâtre internationale : Les Grandes Personnes, comme administratrice de production. J’appréciais l’authenticité et l’effervescence créative de ce milieu, la folie des gens, l’énergie qu’il fallait pour rendre la création d’un spectacle possible. Mais à 28 ans, j’ai décidé de renouer avec ce que j’aimais le plus, je me suis enfermée pendant un an à coudre, dessiner et faire des patrons. Et en septembre 2013, la première collection de Wanted Gina était prête.

Quel est votre rapport avec la mode ?

 Ce qui m’amuse c’est d’imaginer une nouvelle femme Gina à chaque nouvelle collection, son histoire, ses goûts du moment et non pas d’en faire une espèce de double mieux looké !

J’aime bien penser à mon look mais c’est loin d’être une obsession quotidienne. On me demande souvent si je m’inspire de ce que j’aimerais porter et que je ne trouve pas dans les magasins pour dessiner mes modèles. Et justement pas du tout. Mon rapport à la mode c’est surtout celui d’un « créateur » avec son outil d’expression privilégié et je trouve que c’est outil particulièrement complet et varié. Il faut sans arrêt passer de la 2D à la 3D, dessiner, faire des « moulages » de patrons, choisir les matières, penser aux finitions, coudre, organiser des shootings… C’est technique et cela demande énormément d’investissement mais je trouve ça vraiment passionnant.

Qu’est ce qui caractérise votre marque ?

Une certaine liberté, un brin de décalage dans le style tout en restant des vêtements portables au quotidien.

Je veux surtout habiller des femmes qui se sentent libres de s’exprimer et de jouer avec leurs fringues. Des filles qui se moquent de la tendance à tout prix en montrant ce qu’elles sont, pas en essayant de coller à une certaine image. Des filles qui peuvent se réveiller un matin en voulant porter une chemise jaune à motif cheval en plein hiver, passer la journée du lendemain en robe plus sobre et graphique et finir la soirée en teddy paillette dans un style rock. Ensuite, je fais très attention à la qualité des pièces que je propose. Je suis attentive aux matières, à leurs compositions, aux doublures et aux textures : les gens sont souvent surpris par les jeux de textures et les détails de motifs. Par ailleurs, je fais tout faire à Paris dans différents ateliers alors cela me permet de contrôler facilement la réalisation et les finitions.

Quelles sont vos inspirations ?

C’est très varié mais généralement je pars de photos et de confrontations de couleurs. Les photos me guident pour trouver la direction stylistique et les confrontations de couleurs la gamme que je vais choisir. A chaque phase de conception correspondent aussi généralement un ou deux albums que j’écoute en boucle des dizaines de fois et qui m’accompagnent dans cette phase. La phase terminée, généralement, je ne peux plus supporter l’album en question !

Que comptez vous proposer dans vos prochaines collections ?

Pour la collection printemps / été 2015, le point de départ a été l’exposition Bill Viola présentée cet été au Grand Palais et ses vidéos d’immersion aquatique. On y voyait beaucoup de corps, de visages immergés où les rayons du soleil passaient et illuminaient les scènes. A partir de ces images diaphanes, j’ai eu l’idée de développer une collection autour des couleurs pastel. J’ai écouté le nouveau Lana del Rey en boucle et son côté très planant correspondait vraiment bien à l’ambiance un peu immaculé de la collection. Pour l’automne / hiver 2015-16, j’ai recherché des photos punks, des clichés d’émeutes, de visages qui se tordent de Stanley Greene, Nan Goldin ou Christophe Agou par exemple. J’ai écouté les Kills en boucle et regardé des images des films de Xavier Dolan pour partir dans une esthétique plus rock et contrastée. Pour cette collection, j’espère aussi proposer une collection capsule pour les hommes !

Quelle est la pièce essentielle d’une garde-robe ?

Franchement c’est compliqué pour moi de répondre à cette question car je répondrais autre chose demain. Si je pouvais, je changerai radicalement de garde robe chaque jour !

Le mot de la fin pour Les Petits Frenchies ?

Merci à vous, équipe au top, super concept et on sent une vrai envie de soutenir les jeunes marques, bravo !

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