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Interview de Magaajyia Silberfeld, réalisatrice et actrice !

Magaajyia Silberfeld nous raconte son parcours et nous livre ses petits secrets. Du haut de ses 22 ans, cette petite frenchie est un grand talent : entre ses voyages, son job de réalisatrice et d'actrice... Portrait d'une jeune femme à suivre !

Je n’avais jamais ressenti une telle énergie couler en moi et elle n’est réellement là que lorsque je crée, que je produis et réalise ce que j’ai écris et que d’un coup “ça tourne” !

Quel âge as-tu et d’où viens-tu ?

J’ai 22 ans et je suis nigérienne et française. Ma mère est du Niger et mon père est français et polonais.

Est-ce que tu as grandi en France ou as-tu beaucoup voyagé durant ton enfance/adolescence ?

Je suis née à Paris et j’ai vécu en France jusqu’à mes dix-huit ans. Déjà petite mes parents me faisaient voyager un peu partout, en Grèce, au Niger, au Mali. De plus, ma mère qui est journaliste, m’emmenait avec elle dans ses voyages dès qu’elle le pouvait pour son travail. Du coup j’ai toujours aimé m’évader. Je me souviens, j’avais 12 ans lorsque j’ai commencé à voyager seule. J’allais voir ma famille à Washington puis mes amis à Londres, à Amsterdam, à Madrid. . .

Allongez-vous au milieu de la Cour carrée du Louvre en pleine nuit et écoutez le silence !

Dès que je peux, je voyage. Mes amis et ma famille me comparent à une météorite et disent qu’ils ne savent jamais quand je suis à Paris, c’est un peu embêtant (rires). Aussi j’ai vécu à Los Angeles pendant près de 3 ans. Et même là-bas avec ma voiture qui se cassait tout le temps, j’allais faire des petits voyages dans le désert… Vous voyez, je ne sais pas rester en place.

Aujourd’hui tu es notamment réalisatrice de films. As-tu toujours voulu faire ce métier depuis ton plus jeune âge ?

Non ce que j’ai toujours voulu être c’est comédienne. C’est un peu plus tard au collège, en apprenant l’anglais toute seule à travers les films américains que j’ai eu un déclic. Je suis devenue passionnée par les films et j’ai encore plus su que je voulais faire ce métier lorsque j’ai réalisé mon deuxième court-métrage. Je n’avais jamais ressenti une telle énergie couler en moi et elle n’est réellement là que lorsque je crée, que je produis et réalise ce que j’ai écris et que d’un coup “ça tourne”.

Se concentrer sur la qualité de ce que l’on créer et non sur ce que la création peut rapporter à notre image.

Tu es actrice aussi, n’est-ce pas ?

Je joue également. J’ai commencé le théâtre à 11 ans, puis j’étais au conservatoire municipal, puis j’en ai fait au lycée. Ensuite j’ai arrêté pendant un temps et j’ai repris l’improvisation en hypokhâgne. Puis j’ai suivi plusieurs formations aux Etats-Unis (Lee Strasberg Institute, Playhouse West Repertory Theater, Susan Batson Studios).

Ma mère qui est journaliste, m’emmenait avec elle dans ses voyages dès qu’elle le pouvait pour son travail.

Finalement, tu ne fais pas UN mais plusieurs métiers. Est-ce que tu en as un que tu préfères ?

J’ai plus réalisé que joué donc je ne saurais pas vraiment comparer. Les deux sont très différents car ils m’apportent quelque chose d’incomparable. Je ne sacrifierai pas l’un pour l’autre, du moins pas pour l’instant.

J’ai la chance de pouvoir demander conseil à ma mère, grâce à qui j’évite beaucoup d’erreurs.

Actuellement, tu fais la promotion de ton nouveau film « The Wedding Ring ». Peux-tu nous en dire un petit peu plus ?

The Wedding Ring est un long métrage réalisé par Rahmatou Keïta qui m’offre mon premier rôle principal. C’est la première fois dans l’histoire du cinéma africain qu’un film de cette envergure est entièrement financé par des fonds africains.
The Wedding Ring a fait sa première mondiale en septembre, au TIFF « Toronto International Film Festival » puis sa première européenne au « LFF » London Film Festival le mois dernier.

Pourquoi as-tu accepté de jouer dans ce film ?

Premièrement, c’est un très beau rôle féminin, très intense. De plus, ce n’est pas une simple histoire d’amour mais aussi un prétexte pour découvrir des cultures précieuses ainsi que la beauté et la richesse de l’Afrique. Si ce film a mis neuf ans à trouver son financement, c’est surtout parce qu’il n’est pas dans le cliché. Non, en Afrique, tout le monde ne meurt pas de faim contrairement à ce qu’on croit en Occident.

Je finis une licence de philo et j’ai deux projets à produire en 2017 : un autre court métrage et une série.

Cette Afrique, belle et majestueuse, il faut bien qu’on nous la raconte aussi. Nous avons aussi nos traditions, nos cultures et des centaines de langues, toutes plus belles les unes que les autres. D’ailleurs j’ai choisi de jouer dans ce film aussi pour le challenge de jouer en Sonrhay, ma mangue maternelle- parlée principalement au Niger et au Nord Mali.

Je joue TIYAA, une jeune aristocrate Peuhl qui est partie faire ses études en France et qui revient dans sa famille après être tombée amoureuse d’un jeune homme d’une famille tout aussi prestigieuse que sa famille ne peut refuser, mais le beau prétendant tarde à venir demander sa main. Ainsi, le film raconte la pudeur et la retenue des peuples du Sahel, pendant que TIYAA découvre les rapports entre hommes et femmes dans cette partie du monde, peuplée de Hawsa, Zarma, Sonrhay, Peuhl, Arabes etc…

D’ailleurs j’ai choisi de jouer dans ce film aussi pour le challenge de jouer en Sonrhay, ma mangue maternelle- parlée principalement au Niger et au Nord Mali !

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je viens de finir mon 4e court métrage “Vagabonds” tourné à Los Angeles avec Danny Glover et Bambaata Marley. J’ai commencé à l’inscrire dans les festivals et je croise les doigts.  Je finis une licence de philo et j’ai deux projets à produire en 2017 : un autre court métrage et une série.

Demandes-tu souvent conseil à ton entourage ?

J’ai la chance de pouvoir demander conseil à ma mère, grâce à qui j’évite beaucoup d’erreurs. Je me suis rendue compte qu’à chaque fois qu’elle me prévient de quelque chose, ça arrive. Avant je ne l’écoutais pas et je réalisais beaucoup plus tard qu’elle avait raison. Donc j’évite de perdre mon temps aujourd’hui, quand elle me dit quelque chose je sais que ce n’est que dans mon intérêt et je l’écoute sans trop me poser de questions.

Si ce film a mis neuf ans à trouver son financement, c’est surtout parce qu’il n’est pas dans le cliché. Non, en Afrique, tout le monde ne meurt pas de faim contrairement à ce que l’on croit en Occident.

De plus, mon copain m’apprend à ne pas me faire marcher sur les pieds car il travaille également dans le cinéma. Ce n’est pas facile d’ailleurs de se faire confiance et de se forger sa propre opinion quand on a autant confiance en les gens qu’on aime. Il faut arriver à trouver le juste milieu.

Qu’est-ce que tu as appris sur toi depuis que tu fais ce métier ?

J’ai appris que les erreurs de production et de réalisation sont une bénédiction lorsqu’on les fait quand on est jeune, C’est ainsi qu’on se forge parce qu’après c’est trop tard. J’ai appris à me calmer même lorsque tout va mal sur un tournage, parce que s’énerver ne règle pas les problèmes. Enfin, se concentrer sur la qualité de ce que l’on créer et non sur ce que la création peut rapporter à notre image.

C’est la première fois dans l’histoire du cinéma africain qu’un film de cette envergure est entièrement financé par des fonds africains.

Si tu étais un fromage français, lequel serait-il ?

Un Saint Marcelin à la lyonnaise !

Quelles sont les 3 adresses que tu recommanderais en France ?

Le Restaurant du Panthéon pour leur Cheesecake au thé vert, le Petit Capri Bazar, si vous aimez les Caprici, et la glace au yaourt et basilic. Enfin, allongez vous au milieu de la Cour carrée du Louvre en pleine nuit et écoutez le silence.

Bande-annonce du film :

Style  : ETRO / Erdem
Make-up : Aurore Lebacle
Hair : Emmanuel Caradec
Crédit photos : Lucie Sassiat / Soben Giordano

Merci à Magaajyia Silberfeld pour ces jolies confidences !

DÉCOUVREZ ENCORE PLUS D’ACTU FRENCHY !