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Interview : Emmanuel et Ludovic – Gueule de Bois Design

Nous avons rencontré Emmanuel et Ludovic, les deux angevins fondateurs de la nouvelle marque de mobilier Gueule de Bois Design. Ils nous en disent un peu plus sur leur projet et leur parcours.

Je pense que c’est ce que j’ai toujours voulu faire, mais tout seul je n’aurais jamais osé. Je ne l’ai pas pris au sérieux tout de suite.
Ludovic

Qui se cache derrière Gueule de Bois Design ?

Emmanuel : Derrière Gueule de Bois on est deux. Moi c’est Emmanuel. Je viens de finir mes études d’école de commerce à Paris et j’ai 24 ans.

Je me lève tôt naturellement parce que je bouillonne d’envie de faire avancer le projet Gueule de Bois. Finalement je me réveille chaque matin avec Gueule de Bois dans la tête.
Emmanuel

Ludovic : Moi c’est Ludovic, j’ai aussi 24 ans et j’ai grandi à Angers avec Emmanuel. Je suis diplômé d’une licence en Design aux Beaux-Arts d’Angers et je suis aujourd’hui encore étudiant en Architecture à Paris. J’entame ma dernière année de Master l’année prochaine.

Quelle est l’histoire de votre marque ?

Emmanuel : L’histoire de Gueule de Bois a commencé un 1er janvier. Une date où Gueule de Bois résonne en chacun d’entre nous. On était assis sur un canapé à parler de notre « avenir professionnel ». Nous n’avions pas vraiment de perspective à ce moment-là. On regardait autour de nous et on voyait beaucoup de meubles suédois cassés, mal fichus et pas à notre goût.

Depuis que je suis entrepreneur, je me suis découvert perfectionniste. Il me semble qu’à partir du moment où l’on apporte une valeur marchande à quelque chose, on est tenu de régler chaque détail à la perfection, et ce à toutes les échelles. Ludovic

Ludovic : C’est Manu qui a émis l’idée en premier. Créer une marque de mobilier en bois. Je pense que c’est ce que j’ai toujours voulu faire, mais tout seul je n’aurais jamais osé. Je ne l’ai pas pris au sérieux tout de suite. Un ou deux mois plus tard, on en a reparlé, j’avais eu le temps d’y repenser. Le projet a commencé à se construire ici. La question du nom de la marque est vite arrivée, encore une fois Manu a proposé Gueule de Bois en rigolant, Manu rigole tout le temps, et puis on s’est vite rendu compte que ça pouvait être une très bonne idée. Une expression française qui nous va plutôt pas mal, qui est accrocheuse et facile à retenir.

Combien de temps avez-vous mis avant de vraiment vous lancer ?

Emmanuel : On a mis presque deux ans. Réaliser un meuble, c’est plus long que réaliser un t-shirt, ça demande plus de moyens aussi. On a donc pris le temps de bien faire.

Ludovic : Manu vient de se mettre tous les fabricants de t-shirts à dos ! Mais c’est vrai qu’il nous a fallu un certain temps. Il y a eu quelques faux départs, le temps de vraiment savoir ce que l’on voulait faire. Nous avons commencé par dessiner nos premiers meubles, nous les avons ensuite fabriqués nous-mêmes. Nous pensions alors lancer le projet avec ces premiers prototypes, mais nous avons réalisé que ce n’était pas vraiment ce que l’on voulait. Nous avons finalement trouvé un menuisier avec qui il y a eu un bon feeling rapidement. Nous avons affuté avec lui chaque meuble, chaque assemblage et chaque finition. Le projet a alors pris une toute autre ampleur.

 La question du nom de la marque est vite arrivée, encore une fois Manu a proposé Gueule de Bois en rigolant, Manu rigole tout le temps, et puis on s’est vite rendu compte que ça pouvait être une très bonne idée. Ludovic

Qui réalise les pièces ? Et comment sont-elles fabriquées ?

Ludovic : C’est Vincent, le menuisier que l’on a rencontré et Yohan un de ses artisans qui fabriquent tout les meubles de Gueule de Bois. Chaque pièce est réalisée de façon artisanale, nous n’utilisons pas de machines à commandes numériques. Nous voulons vraiment pouvoir contrôler et comprendre chaque étape de la fabrication, c’est d’ailleurs pour cela que Emmanuel et moi tenions à nous confronter dans un premier temps à la fabrication des meubles avec nos propres mains. On sait de quoi on parle !

Emmanuel : Nous avons mis beaucoup de temps à trouver notre fabricant. Nous avons sillonné l’ouest de la France et visité une quarantaine d’entreprises. Nous avons un cahier des charges très strictes. Vincent a vite compris ce que l’on voulait. Il est entré dans le projet avec nous et nous a fait confiance. Après ça, il a fallu donner un nom à chaque meuble. On s’est dit que des noms de Cépages pouvaient faire un joli clin d’oeil à Gueule de Bois.

Il y a toujours des moments où on se demande dans quelle galère on s’est embarqué et finalement, on rame, on rame et on apprend plein de nouvelles choses qui donnent sens à ce que l’on fait.
Emmanuel 

Qu’est-ce que vous préférez dans l’entrepreneuriat ?

Emmanuel : C’est une bonne question.

Ludovic : Premièrement je suis assez content de me dire qu’en sortant de mon école d’architecture je n’aurais pas à trimer pour chercher un travail. Et le vrai luxe de l’entrepreneuriat c’est vraiment de travailler pour soi, de se fixer ses propres objectifs, mais aussi être obligé d’assumer ses erreurs quand on en fait. En bref ce que je préfère c’est avoir un projet, en voir les tenants, les aboutissants… et pouvoir les modifier.

Gueule de bois est une expression française qui nous va plutôt pas mal, qui est accrocheuse et facile à retenir.

Emmanuel : Personnellement, ce que je préfère c’est de ne plus avoir besoin de réveil pour me lever le matin : Je me lève tôt naturellement parce que je bouillonne d’envie de faire avancer le projet Gueule de Bois. Finalement je me réveille chaque matin avec Gueule de Bois dans la tête.

Qu’est-ce que vous avez appris sur vous depuis que vous êtes entrepreneurs ?

Emmanuel : J’ai d’abord appris à supporter Ludovic, c’est déjà pas mal. Non, sérieusement, je pense avoir appris que lorsque tu développes ton projet, tu ne peux pas baisser les bras. Il y a toujours des moments où on se demande dans quelle galère on s’est embarqué et finalement, on rame, on rame et on apprend plein de nouvelles choses qui donnent sens à ce que l’on fait. D’ailleurs, nous nous sommes rendu compte qu’à chaque fois que nous avions un retour d’une personne étrangère à Gueule de Bois, qu’il soit positif ou négatif, cela nous donnait encore plus de motivation pour encore faire mieux.

Je suis assez content de me dire qu’en sortant de mon école d’architecture je n’aurais pas à trimer pour chercher un travail.  Ludovic

Ludovic : Depuis le lycée j’ai toujours eu des projets en parallèle de mes études, des groupes de musique, des organisations des soirées, des concerts cela m’a appris à vendre un projet, à communiquer dessus, à travailler « l’image ». Mais avec Gueule de Bois je me suis découvert perfectionniste. Enfin il me semble qu’à partir du moment où l’on apporte une valeur marchande à quelque chose, on est tenu de régler chaque détail à la perfection, et ce à toutes les échelles : à celle du dessin des meubles évidemment, mais aussi du marketing à la production, de l’emballage au transport, de l’image jusqu’au choix des points de vente.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Ludovic : Actuellement la suite – dessiner la collection pour 2016, réfléchir aux prototypes, à de nouveaux matériaux qui fonctionnent avec le bois etc. À côté de ça, développer les projets sur mesure, pour des particuliers ou pour des professionnels. On verra en fonction des opportunités qui s’offrent à nous, mais on à la chance d’être encore très jeunes et d’avoir vraiment du temps devant nous. Et qui sait ? Peut-être qu’un jour nous nous lancerons dans l’architecture.

Réussir à se faire une place dans le monde si bridé du design ne sera pas facile.
Emmanuel

Emmanuel : Je pense en fin de compte que nos projets sont multiples. Réussir à se faire une place dans le monde si bridé du design ne sera pas facile. Pour cela il va falloir faire de bons choix et réfléchir à faire différemment. Une chose est sûre, nous voulons grandir petit à petit en prenant le temps de bien faire.

Si Gueule de Bois était un fromage français ?

Emmanuel : Instinctivement je dirais une Bûche de fromage de chèvre. La première texture est solide, difficile à couper, ça, c’est Ludovic le designer trop sérieux, et à l’intérieur il y a la chaire, tendre et crémeuse, ça c’est moi.

Ludovic : À ce moment-là, je préciserais du St Maur de Touraine, l’extérieur est très graphique et fonctionne très bien avec le coeur crémeux, ça c’est moi. Et à l’intérieur il y a une paille qui embête tout le monde, mais qui fait en sorte que le fromage se tienne, et ça c’est Manu.

Un endroit en France à nous faire découvrir ?

Emmanuel : Nous venons d’Angers dans le Maine-et-Loire. Près d’Angers il y a un lieu que j’aime tout particulièrement : La Pointe de Bouchemaine. Il s’agit d’un petit village placé sur les bords de l’embouchure de la Maine et de la Loire. De vieilles barques en bois font face à de vieilles baraques et au milieu du village il y a une petite place avec une Guinguette. Lorsqu’on se pose là l’été avec un verre de rosé, on pourrait y rester pendant des heures. C’est un endroit qui fait réfléchir.

J’ai l’impression qu’en montant une entreprise on fait plein de métiers différents, ça m’offre encore aujourd’hui beaucoup de temps pour rêver. Emmanuel

Ludovic : Plutôt qu’un endroit en particulier je parlerais plus de « comment » découvrir la France. Cela fait deux-trois ans que je pars avec des amis sillonner la France en Royal Enfield, une vieille marque de moto, du coup pas d’autoroute, que des petites routes et des petits villages. C’est vraiment agréable, on prend la route que l’on veut, on peut se perdre, prendre des chemins dans les bois, s’arrêter boire un verre dans un petit troquet. . . C’est autre chose que de voir défiler la France derrière une glissière de sécurité et une bande d’arrêt d’urgence.

Le vrai luxe de l’entrepreneuriat c’est vraiment de travailler pour soi, de se fixer ses propres objectifs, mais aussi être obligé d’assumer ses erreurs quand on en fait. Emmanuel

Quel métier vouliez-vous faire quand vous étiez petit ?

Emmanuel : Je crois que j’ai rêvé d’être pompier, garagiste, pâtissier et clown à la fois. J’ai l’impression qu’en montant une entreprise on fait plein de métiers différents, ça m’offre encore aujourd’hui beaucoup de temps pour rêver.

Ludovic : C’est beau ce que tu dis Emmanuel. . . Moi j’ai un père architecte, donc après être passé par les clichés du genre archéologue, rockstar et champion du monde de skate j’ai vite voulu faire comme papa ! Ma grande soeur est devenue architecte, j’ai tout de suite voulu faire autre chose. Pourquoi pas designer ? Finalement je l’aime bien ma soeur donc j’ai repris des études d’architecture. Aujourd’hui je me sens plus designer qu’architecte, mais fondamentalement la nuance est mince !

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Le petit Ludovic en haut et le petit Emmanuel en bas.

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