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Interview : on a rencontré Ludovic, fondateur de l’appli de networking Shapr !

Ce qu'on aime par dessus tout, c'est découvrir des pépites françaises et vous les partager. Cette semaine, on rencontre Ludovic, le fondateur de l'appli de networking Shapr. Portrait d'un frenchy qui a su conquérir la France, mais aussi les US !

Rencontrer des gens qui font des choses complètement différentes de toi, s’ouvrir, les écouter, et souvent, il se produit plein de choses que tu n’aurais jamais anticipé.

Shapr, qu’est-ce que c’est ? 

Shapr, c’est une application qui te présente les gens qui sont susceptibles de t’inspirer dans la vie de tous les jours. L’idée est venue de ma conviction que ce sont les rencontres qui font les Hommes. Aujourd’hui, il n’y avait pas d’outil qui était dédié au networking et en tant qu’entrepreneur, j’ai toujours adoré rencontrer des nouvelles personnes.

Je pense que depuis dix ans, je dois au moins rencontrer une nouvelle personne par semaine et au-delà des opportunités professionnelles, ça m’a toujours énormément apporté de plaisir, d’inspiration, des idées, parfois même des amitiés. Avec mes associés, on s’est dit que tout le monde devrait faire ça !

Le networking pour toi, c’est la clé de la réussite ?  

Il y a beaucoup de gens qui cherchent leur voie, qui ne trouvent pas forcément le job qui va les épanouir dans la vie, qui manquent peut-être d’opportunités, qui sont dans des secteurs d’activité qui ne leur correspondent pas forcément. Quand on me demande dans ce cas là « qu’est-ce que je devrais faire? », mon principal conseil c’est qu’il faut rencontrer des personnes ! Pas forcément aller vers des gens qui sont dans ton cercle relationnel, mais rencontrer des gens qui font des choses complètement différentes de toi, s’ouvrir, les écouter, et souvent, en le faisant sans avoir une intention ou un intérêt spécifique, il se produit plein de choses que tu n’aurais jamais anticipé. Et pour moi, la vie c’est un peu ça.

Aux États-Unis, c’est ce qu’on appelle la serendipity. Rencontrer des gens un peu par hasard et ça t’apporte plein de bonheurs dans ta vie et souvent des opportunités qui te rendent beaucoup plus « successful ». On a voulu accélérer le serendipity dans la vie des gens en créant Shapr. 

Nous avons créé Shapr pour faciliter la magie de ces rencontres.

Tu n’en es pas à ton premier coup d’essai. En 2007, c’est ton site de rencontres sélectives « Attractive World » qui cartonne. Comment expliquer ce succès ? Quels codes du dating as-tu repris pour Shapr ? 

Avec Attractive World, on a su se positionner au bon moment sur un segment de marché qui n’existait pas : la rencontre premium. J’étais convaincu que les célibataires avaient tous des types de vie et des attentes différentes, que certains aspiraient à des rencontres sérieuses et d’autres, un peu plus légères. On a su se faire connaître en prenant pas mal de risques dans notre communication. Notamment avec des campagnes TV assez agressives. Tout ça a fait que Attractive World est devenu un des leaders du marché français. 

Dans 15 ans, ce sera une norme pour tout le monde d’aller prendre chaque semaine un café avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

Pour Shapr, on a repris certains codes du dating et notamment le swipe (balayer en français). Quand j’ai crée Attractive World, il y a avait encore une grande partie des célibataires qui disaient « je n’irais jamais sur un site de rencontres », « je n’ai pas besoin de ça ». 10 ans plus tard, c’est la norme ! Mêmes les jeunes de 18-20 ans, bien qu’ils soient à l’université ou en école de commerce sont tous sur des applis de dating. Tu es célibataire, boom tu t’inscris sur une appli de dating !

Pour moi, on est 10-15 ans en arrière pour le networking. C’est peut-être un des éléments le plus puissant pour réussir sa carrière professionnelle mais aussi pour vivre une vie heureuse.

Shapr est aujourd’hui le premier acteur au niveau mondial sur le networking.

Shapr est aujourd’hui le premier acteur au niveau mondial sur le networking et on pense que dans 15 ans, ce sera une norme pour tout le monde d’aller prendre chaque semaine un café avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas parce qu’ils partagent des centres d’intérêts professionnels, ou qu’ils ont envie de découvrir un nouveau métier parce que ça les intéresse et qu’ils sont ouverts d’esprit.

Je pense que la société va énormément s’ouvrir parce que la façon dont on se sent le plus humain, c’est en rencontrant des nouvelles personnes. C’est ça qui provoque des émotions, qui stimule intellectuellement, et ça va se démocratiser.

Aux États-Unis, c’est ce qu’on appelle la serendipity 
rencontrer des gens un peu par hasard et ça t’apporte plein de bonheurs dans ta vie

Quelles vont être les améliorations apportées à l’appli suite à votre nouvelle levée de fonds ? 

On investit beaucoup dans notre algorithme et dans la data. Et pour ça on s’est associés avec un mathématicien qui s’appelle Etienne de Rocquigny, qui était Directeur de la Recherche de Centrale Paris et qui nous aide à travailler sur notre algorithme avec notre directeur technique et des data scientists. Ils ont beaucoup travaillé sur la meilleure manière de faire matcher les gens en fonction des datas qu’ils veulent bien nous donner pour leur permettre de faire des rencontres inspirantes. On va aussi communiquer de manière plus significative sur nos trois marchés principaux qui sont les marchés français, américain et anglais. On connaît une très forte croissance en ce moment et pour que ça continue, on a besoin d’expliquer notre vision du networking.

Tu vis entre la France et les États-Unis. L’accueil de ce type de projet innovant est-il le même ici et là-bas ? 

Aux États-Unis, 70% des jobs sont trouvés par le networking. Les annonces d’emploi, les chasseurs de têtes, tout le marché du recrutement, ce n’est que 30% des jobs. 70% des jobs, c’est parce que tu connais quelqu’un qui te dis « tiens j’ai ma boîte qui recrute, est-ce que ça t’intéresse? ».

Étant donné qu’ils ont compris qu’avoir un réseau assez important, assez large et hétéroclite est un élément clé dans le succès professionnel. Ce sont des gens qui prennent régulièrement l’habitude de rencontrer des nouvelles personnes pour saisir des opportunités. Ils le font le plus souvent possible et en essayant d’être désintéressés parce qu’ils ont aussi compris que si tu vas voir les gens parce que tu cherches un job, ça ne fonctionne pas. Pour que ça fonctionne, il faut aller voir les gens quand tu n’as pas besoin d’eux pour créer la relation avec eux et le jour où tu cherches un job ils vont penser à toi parce qu’ils vont avoir envie de t’aider.

Si tu commences à networker uniquement parce que tu es en demande, ça ne fonctionne pas. La philosophie Shapr fonctionne très bien aux États-Unis parce qu’ils l’ont déjà intégrée : rencontrer des gens régulièrement, simplement par curiosité, pour pouvoir échanger et naturellement provoquer des opportunités, notamment quand je vais avoir besoin de trouver un job. C’est pour ça qu’on a lancé aux États-Unis, c’est un marché de 350 millions de personnes, extrêmement dynamique avec une culture du networking très fort. 

Et le marché Français alors ? 

Nous avons eu une très bonne surprise avec le marché français, auquel je ne croyais pas trop au début. On a une croissance en France qui est vraiment incroyable, surtout depuis quelques mois et on est très surpris. Notamment avec la génération Y, les 20-35 ans, on a une adhésion de leur part sur l’application assez incroyable.

Alors que je pensais que les Français avaient un peu moins une culture du networking que les Américains, on se rend compte que finalement on se trompe et que cette nouvelle génération comprend très bien l’intérêt du networking et y adhère très fortement. C’est la génération Y qui pousse énormément sur les nouveaux modes de travail, elle cherche un travail plus que pour payer les factures et nourrir ses enfants, un job qui va correspondre à ses valeurs, qui va avoir du sens dans sa vie.

Ils vont moins adhérer au système hiérarchique, ils vont de plus en plus avoir envie de travailler à distance, de devenir entrepreneur, de faire du free-lancing et l’esprit Shapr correspond complètement à ces nouveaux modes de vie.

Une fois qu’ils auront vu tous les jeunes utiliser Shapr et s’épanouir à travers des rencontres qui vont les inspirer et avoir des opportunités professionnelles extraordinaires, les gens des générations supérieures se diront : « mais pourquoi on ne le fait pas non plus? ». Même si le marché américain représente 75% de nos utilisateurs, la France et l’Angleterre progressent très vite !

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