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Interview : Renaud – Wood’Insane Design

Renaud est un Frenchy bordelais très amoureux du bois. Amoureux à un tel point qu'il a su transformer au fil des années, un simple passe-temps en véritable talent ! Il s'est depuis ouvert à de nouvelles matières et a fini par créé son entreprise : Wood'Insane Design. Entre les balades en forêt et son atelier, il nous en a dit plus sur son histoire.

Les gens s’interrogent, et à juste titre, sur la provenance et la composition de leurs aliments, j’aimerais qu’ils en fassent de même pour leur mobilier.

Qui es-tu Renaud, d’où viens-tu et comment es-tu arrivé ici ?

Renaud 29 ans, habitant Bordeaux depuis que je suis debout sur mes pieds ! Après avoir brigué mon brevet des collèges brillamment j’ai poursuivi sur BTS force de vente. Je me frotte alors au milieu de la vente, quelques années sans grand frisson. Puis viens le temps du ras le bol et avec un ami je décide d’aller voir si les arbres sont plus verts ailleurs et file au Canada. Je profite de cette nouvelle expérience au maximum, pour mieux revenir, affûté, et prêt à me lancer dans l’aventure Wood’Insane.

Pourquoi t’être lancé dans cette aventure ?

J’ai toujours été un bricoleur touche à tout et amoureux du bois et de la forêt. Durant mon escapade au Canada j’ai passé 6 mois en woofing en pleine forêt à travailler avec un bûcheron. Passionné, il avait une démarche vraiment responsable et ne prélevait que des arbres morts sur pied pour les transformer en poutres, planches puis en cabanes et refuges sur sa propriété. On à donc participé à tout le processus de création de ses refuges, de l’abattage de l’arbre à la transformation en planches, en fabricant tout de nos mains. Tout ça dans une démarche éthique et éco-responsable avec le minimum de matos !

Sinon à la base, je suis complètement autodidacte, j’ai appris en regardant mon père sculpter le bois et mon grand-père fabriquer tout un tas de choses. J’aime le bois, j’aime le fait-main et créer mais je n’ai jamais suivi une quelconque formation. De retour en France, je me suis lancé avec très peu d’outils, et c’est encore le cas aujourd’hui.

Quand j’utilise des planches ou du cuir je cherche toujours de la récup ou des chutes, je n’imagine pas fabriquer quoique ce soit sans mesurer l’impact environnemental !

Quelle est ton approche du travail du bois ? Où vas-tu le chercher ?

Toutes mes créations sont fabriquées par mes soins, à la main, dans le garage familial alors transformé en atelier. Je suis dans une démarche de slow design pure. J’aime prendre le temps. À chaque commande, je pars flâner en forêt à la recherche de matière issue de branches d’arbres tombées. Toutes mes créations viennent du recyclage de la forêt ! Quand j’utilise des planches ou du cuir je cherche toujours de la récup ou des chutes, je n’imagine pas fabriquer quoique ce soit sans mesurer l’impact environnemental ! Je ne veux pas de panneaux bourrés de bois de contrebande et de formaldéhyde. Les gens s’interrogent, et à juste titre, sur la provenance et la composition de leurs aliments, j’aimerais qu’ils en fassent de même pour leur mobilier.

Où puises-tu ton inspiration pour le design de tes pièces ?

Mais les idées me viennent souvent quand je suis à l’atelier à donf, dans des délais ridicules à tenir, et là me prend l’envie de pondre un nouveau meuble ou un accessoire. Dans ces cas là il faut que je me la sorte de la tête, comme je dessine comme je chante, je préfère faire un bon vieux prototype en attrapant tout ce qui me passe par la main dans ma caverne. En définitive je me rends compte que l’idée de base part souvent d’un besoin de ma part ou de mon entourage, et vu que j’aime me mettre des défis, je le fabrique.

En ce moment je suis sur un gros projet avec Cédric Béchade, chef étoilé. Je lui fabrique un set de plateaux en chêne massif pour le service du restaurant à St Émilion.

Combien de temps cela te prend-il de réaliser un porte-carte et un vide-poche ?

Le temps c’est mon grand camarade, mais pas le plus grand allié du fait main. Pour un porte-carte ou un vide-poche, il faut compter le temps passé à dénicher la matière, soit des chutes de chêne auprès des ébénistes ou des lots de chutes de cuir. Puis la fabrication à l’atelier pièce par pièce, car je n’ai pas les machines pour automatiser quoi que ce soit, et la finition couture ou peinture pour le vide-poche. Les champignons par exemple, sont sculptés aux ciseaux à bois un par un. Je dirais qu’il me faut 2 journées pour faire entre 5 et 10 pièces respectivement.

Tu travailles le bois mais aussi le cuir, quoi d’autre ?

Le cuir c’est plutôt récent, cet hiver il a fait trop froid dans l’atelier, et il est tombé trop de pluie dans la forêt. Le bois a eu du mal à sécher, du coup je me suis mis à réfléchir à un petit accessoire qui me permettrait de faire face quand le temps est pas de la partie, et le cuir s’est naturellement proposé ! Comme pour le bois, on est sur des matières vivantes. Le bois reste mon amour, mais il m’arrive d’avoir une ou deux relations extraconjugales ; dont certaines avec le cuir ! Et pourquoi pas la pierre bientôt.

                   

Des projets pour la suite ?

En ce moment je suis sur un gros projet avec Cédric Béchade, chef étoilé. Je lui fabrique un set de plateaux en chêne massif pour le service du restaurant à St Émilion. Je suis en train aussi de me lancer dans une nouvelle collection de meubles uniques, en un seul exemplaire à chaque fois, dans l’inspiration à fond Midcentury. La collection sera dédiée au son et à la platine vinyle !

De toutes tes créations, quelle est celle dont tu es le plus fier ?

La prochaine !

Si tu devais être un fromage, ce serait lequel ?

Tu sais le blanc avec la croûte jaune, celui dont y en à toujours un en soirée pour dire : « Moi je ne suis pas très fromage mais là çuila l’est vachement bon ! »

Un endroit en France que tu aimerais nous faire découvrir ?

Je te dirais bien mon spot à cèpes dans le Médoc, la flore et la faune y sont remarquables, mais ça fait partie des choses à ne jamais divulguer ! Sinon cet été je vais voir le Colorado français, ce sont des falaises érodées d’ocre. Ca a l’air splendide !

Renaud quand il était petit !

Merci Renaud !

Lire notre article sur Wood’Insane Design.

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